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AU BAR DES SIRENES. Part 4/4

Publié par fpetitjean le 16 juin 2014
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AU BAR DES SIRÈNES

Suite et fin.

Image

Ils tombèrent sur un bar abandonné. Encore alimenté en électricité, comme en témoignait un vieux lustre victorien, l’endroit, seule tache de couleur dans ce coin de rue monochrome, semblait avoir été posé là comme une île déserte. La grande baie vitrée n’avait pas résisté à l’ouragan et aux vents violents, mais une douzaine d’égarés y avait trouvé temporairement refuge. Son bar rouge en virgule rappelait un tableau de Hopper ; il ne manquait plus que l’homme au chapeau accoudé sur le zinc pour que l’image soit parfaite. Sybila et Collins s’y engouffrèrent. Elle resta au ras de l’eau ; impossible de se redresser totale- ment sans que sa queue ne devienne visible pour les gens autour d’eux.

Ils se faufilèrent parmi les sinistrés ; chacun soignait ses multiples blessures sans se soucier de son voisin. L’eau ondulait dans le bar à hauteur des tables vissées au sol. Pailles, serviettes et quelques menus plastifiés flottaient.

Sybila avançait plus facilement que Collins, qui tremblait de froid. Il ne lâchait pas sa main, seul point de chaleur, mais grelottait de plus en plus.

Un vieil écran cathodique collé dans un coin du plafond diffusait en boucle les images d’une ville qui connaissait le chaos pour la seconde fois de son his- toire après le 11 septembre 2001. Cette fois-ci, la nature s’était chargée seule des dégâts. Les images des vagues déferlant sur les rues de New York étaient terrifiantes. Des maisons sur pilotis tremblaient puis s’écroulaient, les unes après les autres. Des bus scolaires abandonnés dérivaient au gré des courants comme de vulgaires morceaux de bois. Les rafales de vent emportaient toutes les toitures sur des quartiers entiers.

— C’est quoi, ça ? demanda la sirène, intriguée.
— Bah… L’ouragan Cindy, c’est toi qui tu me l’as dit.
Un bandeau d’information affichait en boucle les numéros d’urgence.
— Non, ça !
Elle désigna l’écran du doigt.
— La télé?
Collins la regarda, étonné. Même lui, qui refusait toute forme de technologie, savait ce que c’était. Une télé, tout de même… Tout le monde savait ça. — Au fond des mers, on n’est pas très équipé… Et je ne suis pas tout le monde, répliqua-t-elle, piquante, en écoutant la pensée du barde.

— Oui… Pardon.
Sa réflexion stupide le brûla de honte. Décidemment, il ne montrait que ce qu’il y avait de plus désastreux en lui. Son cœur trop vieux, trop usé, trop immortel, lui semblait s’être desséché, incapable d’aimer à nouveau.

La dernière fois qu’il était tombé sous le charme d’une blonde, cela devait remonter à 1471 ou 72. La pauvre Hildegarde avait fini sur un bûcher sous prétexte qu’elle fricotait avec lui. L’amour lui donnait depuis le sentiment d’une sensation coupable et dangereuse. Cette souffrance persistait encore, et il avait résolu de s’en tenir loin.

Sybila coupa court à ses souvenirs :
— Je ne compte pas finir sur un barbecue !
Sa remarque laissa le barde sans voix. Puis il murmura, se rappelant qu’elle captait ses pensées :

— Je m’étais juré de ne plus jamais retomber amoureux.
Honteux d’avoir dû chercher le pire de ses souvenirs pour se remémorer sa dernière aventure, il toussota de gêne et s’arrêta de plaquer des accords.

Elle s’intéressa alors à l’écran qui ne tarissait pas d’images catastrophiques, et lui fit un geste agacé :

— Ne t’arrête pas de jouer ! s’exclama-t-elle dans la dernière résonance des cordes. Comme ça, je peux te parler quand je veux.

Il reprit maladroitement sa mélodie, quand un frisson lui parcourut le dos et lui fit commettre une fausse note.

Ce qui rajouta un tremolo étrange dans la voix de la sirène.
— Je t’ennuie déjà ? demanda-t-elle, peinée.
— Pas du tout ! Je suis maladroit, timide et…
— … Amoureux ?
Elle ponctua immédiatement sa remarque d’une moue désarmante.
— C’est facile de savoir si on est amoureux en lisant dans les pensées de l’autre, grommela-t-il.

— Non. Ça, on ne le sait jamais, on ne l’entend jamais… On le sent. Sybila lui fit face et le dévisagea si intensément qu’il en eut les larmes aux yeux. Collins n’avait jamais « convolé » en fiançailles, encore moins en noces au cours de sa trop longue existence. Les bardes de la première époque incarnaient la voix même des dieux et étaient sommés de leur dévouer leur vie, si bien que toute expérience familiale leur était prohibée. Les mortels qui s’approchaient de trop près de ces êtres fascinants le payaient souvent chèrement. Ils n’avaient donc pas de descendance, ce qui faisait de Collins un des derniers vrais bardes au monde. Ces hommes et ces femmes étaient des musiciens réputés et des poètes reconnus au delà des frontières.

Inspirant profondément, il décida de faire enfin honneur à sa caste. Il prit doucement la parole et baissa les yeux vers le sol pour ne pas laisser son émotion le submerger.

— Oui, je le sens, dit-il. Rien ne compte d’autre que toi depuis que nos regards se sont mêlés. Je n’ai jamais connu ça auparavant, avec une telle intensité. Ce doit être ça, l’amour que j’ai tellement chanté… Mais c’était impossible pour moi de savoir que c’en était. C’est la première fois.

— Tu as attendu tout ce temps pour aimer?

— Je ne savais pas que j’attendais… Tout comme je croyais, autrefois, aimer à la perfection. Je me trompais. Et mon cœur s’est endormi. J’ignorais qu’une telle évidence existait et qu’elle balayait tout sur son passage. J’ai perdu le goût des choses, l’odeur de mon corps et n’ai composé aucune ode depuis au moins trois siècles … Là… j’ai l’impression de renaître. C’est comme si je t’avais toujours connue.

Il tendit la main vers la joue de Sybila pour l’effleurer à peine. Il se sentait rustre devant cet écrin de beauté et de finesse.

À cet instant, un homme qui criait le nom de son chien entra dans le bar. Il passa à côté d’eux sans remarquer l’énorme queue de poisson qui remuait en bas des reins de Sybila, mais le dos nu et inapproprié qu’elle arborait l’arrêta tout à coup.

L’électricité sauta à ce moment précis. Les ténèbres engloutirent instan- tanément le bar, parmi des gémissements apeurés. Un rugissement lointain, mais sourd, indiquait que la dernière digue venait de céder. L’homme se mit immédiatement à hurler, ce qui entraîna une panique générale ; tous fuirent, en désordre, préférant s’éloigner encore davantage de la mer. En moins d’une minute, l’endroit se vida de sa population.

Mais Collins ne quittait plus le regard de sa compagne. La lumière électrique qu’elle avait emmagasinée durant ces quelques minutes émanait doucement de tout son être, les isolant dans une bulle légèrement bleutée.

Le barde qui était en lui, que Collins avait presque oublié, enfoui sous des tonnes de basses humanités, revenait petit à petit à la surface. Ses dons, ses pouvoirs, ses perceptions comme ses différences, submergés par des tonnes de poussière et une proximité humaine quotidienne trop pesante reprenaient enfin vie. Ses poumons se remplirent d’air, ses mains transpiraient, sa tête bourdonnait.

— Oui… Je suis tombé amoureux.
Il n’avait jamais prononcé cette phrase de toute son existence.
— Je le sais.
L’assurance de Sybila ne lui parut en rien arrogante. Elle semblait connaître toutes les réponses avant même d’avoir entendu les questions.

L’Irlandais enchaîna :
— Dès la première seconde où je t’ai vue.
Il suscita chez sa princesse son premier sourire réconforté. Les hurlements

humains s’étaient éloignés, convergeant vers d’autres refuges. Rien ne pouvait plus perturber Collins et Sybilla. Ils étaient désormais seuls au monde.

Elle se redressa sur sa queue, prit le visage du vieux poète entre ses mains tout en fermant les yeux. Il sentit une chaleur inespérée revigorer son corps.

Les frissons disparurent immédiatement. Les traits concentrés, tremblante de tout son être, il la vit focaliser son énergie Il sentit son corps se rétracter légèrement. Sa peau se durcissait, son œil se réhydratait, ses cheveux repoussaient, la salive regagnait sa gorge…

Petit à petit, les fines, mais innombrables rides qui sculptaient ses expressions disparurent l’une après l’autre. Sa colonne vertébrale voûtée se rétablit sans heurt, sa vision s’affina.

Son corps revivait.

En moins d’une minute, les deux visages pratiquement collés l’un à l’autre arborèrent la même grâce divine, la même finesse, la même jeunesse. Elle avait ôté tous les stigmates et les traces d’une vie passée. Elle retira alors les mains ; les écailles de sa queue brillaient un peu moins, compensant les outrages du temps qu’elle venait de gommer.

De leurs regards émanait une clarté douce et ondulante, projetant leurs ombres mêlées sur les murs du bar.

La douleur de mille vies s’était évaporée d’un seul coup. Le musicien se redressa d’une bonne dizaine de centimètres, ce qui obligea la sirène à se mettre plus droite encore sur le bout de sa queue. Elle approcha ses lèvres pour la seconde fois et lui donna un baiser qui n’avait rien plus rien à voir avec une quelconque survie, mais qui transmettait toute l’attente qu’elle por- tait en elle.

— Je te cherche depuis mon premier jour, dit-elle. Il y a des siècles de cela. — Tu me cherches ?
— T’es tu jamais demandé en quoi étaient faites les cordes de ton instrument ? Collins cessa immédiatement de jouer et regarda son crwth avec attention. Il

l’avait reçu dès son plus jeune âge. Tout jeune, ses parents l’avaient emmené à bord d’un frêle esquif pour une sortie de pêche. L’embarcation avait chaviré et la mer englouti les deux adultes. Le bébé s’en était sorti indemne, flottant sur une planche malgré les vagues, seul et improbable rescapé d’une mer qui avait lourdement frappé ce jour-là.

On l’avait retrouvé sanglotant sur les galets de la plage du village. De fines cordes s’enroulaient autour de ses poignets minuscules, l’attachant à la planche qui lui avait permis de flotter dans l’océan tourmenté.

Collins se sentit pris à la gorge par toutes ces images, ces souvenirs flous, enfouis depuis si longtemps sous les siècles et qui lui apparaissaient clairement pour la première fois.

L’enfant rescapé sur cette plage avait été décrété miraculeux… et, par consé- quent, aux yeux des villageois, choisi par les dieux. Son destin de barde était tracé. On lui avait alors confectionné son instrument avec ces mystérieux liens autour de ses poignets qui lui avaient sauvé la vie.

Sybila ouvrit la bouche et aucun son ne s’échappa de sa gorge. Il avait arrêté de jouer. Il regarda alors son instrument, puis leva les yeux vers Sybila qui hochait la tête avec une tendre expression. Il comprit dans l’instant qu’il s’agissait des cordes vocales de la sirène.

Cette créature sensée vivre de ses chants et de sa voix avait sacrifié son puis- sant pouvoir sans même hésiter… Des siècles auparavant. Elle avait croisé la route de cet enfant dans des eaux déchaînées qui s’apprêtaient à l’engloutir… Une histoire qui s’était répétée quelques heures plus tôt.

— Je t’ai laissé grandir, et j’ai passé ma vie à te chercher.

Les larmes qui perlaient aux abords de ses yeux témoignaient de l’émotion de toute une vie. Il n’osa pas les sécher. Elle continua doucement :

— J’ai écouté le vent pour y percevoir ta voix.
— Mais je ne chante plus depuis de longues décennies…
— C’est pourquoi j’ai mis un temps infini à me rapprocher de toi.
— Pourquoi moi ?
Collins tenait son visage entre ses mains. Le conte qu’il entendait de la bouche de sa compagne commençait à lui souffler les plus beaux vers dont un poète pouvait rêver. Il ne lui avait pas simplement parlé.

Il avait chanté sa réponse.
Elle souriait de l’entendre ainsi revivre.
— Je ne pouvais pas faire un plus beau cadeau que la vie à ce bébé que tu étais. Une sirène qui donne sa voix confie aussi son cœur.

Collins posa ses lèvres contre les siennes. Il n’y avait plus de distance, plus de siècles ni d’attente.

Le jour pointait doucement sur un horizon qui dévoilait le pire chaos que la mégapole ait jamais connu. La lumière grise levait son rideau sur le théâtre gigantesque d’un désastre inhumain, sans que Collins ni Sybila ne s’en sou- cient. Ils avaient enduré les affres d’une société illusoire ; ils faisaient surface le jour où celle-ci touchait le fond.

FIN

Au bar des sirènes. Part 3/4

Publié par fpetitjean le 15 juin 2014
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AU BAR DES SIRENES.

(Suite)

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L’eau dans ses poumons se vida d’un seul coup, puissamment aspirée. C’était la sirène. Elle plaquait sa bouche pulpeuse sur celle de Collins.

Elle serrait fermement le corps inerte du barde, battait de sa queue géante pour stabiliser leur position dans l’eau malgré le courant qui tourbillonnait. Puis elle libéra une main, décolla légèrement sa poitrine de celle de l’Irlandais et lui porta un coup sec au cœur, sans cesser de lui vider les poumons.

La dernière goutte d’eau aspirée, elle insuffla l’air de ses branchies dans la gorge du vieux barde pour provoquer une oxygénation brutale de son cerveau et frappa une seconde fois sa poitrine, encore plus violemment.

Collins ouvrit les yeux. Il reprit conscience, terrifié par sa pitoyable pres- tation devant la faucheuse, convaincu d’être arrivé sur les plaines de l’enfer, entouré de cadavres et d’âmes errantes.

Mais au lieu du pire, il contemplait le meilleur.

Des yeux verts clairs d’une profondeur abyssale. Des lèvres d’une douceur angélique. Des seins d’un galbe parfait. Une peau d’une clarté saisissante… et… une queue de poisson.

L’eau se déversait de moins en moins violemment dans le bar. Un silence morbide et terrifiant succédait à ces quelques minutes infernales, surnaturel, évoquant une souffrance omniprésente.

Le corps de Drew flottait, inanimé. Tenant toujours Collins dans ses bras, la sirène entreprit de remonter le cou- rant sans cesser de l’embrasser afin qu’il continue de respirer.

Après avoir flirté avec la mort, le barde convolait avec la plus belle des nymphes. Ce musicien, réputé dans toute la Cornouaille depuis le sixième siècle, la laissait mener leur danse. Ses gestes, son regard intense, sa manière de battre l’eau sans lutte, de nager de dos empêchait le musicien de se focaliser sur les mille dangers qui fourmillaient encore autour d’eux dans l’obscurité tenace que perçaient ses yeux de fée. Les piliers cédaient, les câbles d’électricité se tortillaient comme des serpents énervés, prêts à pétrifier les vivants, des centaines de morceaux de verre brisé flottaient telles des lames de rasoir. Pourtant, le chemin vers la lumière lui paraissait fluide et dégagé. Il avait le sentiment d’être porté par la mariée vers leur nuit de noces. Le monde à l’envers, pensa-t-il. Le baiser long et doux de son ange gardien le faisait totalement chavirer, lui qui, quelques minutes plus tôt, succombait aux pires douleurs. Les sirènes n’avaient pas une haleine de mérou, rigola-t-il intérieurement, quand soudain, sa sauveuse lui mordit la lèvre inférieure.

Mince alors, elle m’entend penser, en plus ?

Ils gagnèrent enfin la porte de la station de métro qu’il avait franchie à peine une heure plus tôt. Elle avait cédé sous la force de l’eau et s’était coincée contre la paroi, quelques mètres au dessus d’eux. Collins sentit l’immense nageoire de la sirène effectuer de plus grandes ondulations. Ils survolèrent tous les deux l’escalier englouti qui conduisait à la rue. Sur ses lèvres, il s’aperçut qu’il sentait un goût salé. De l’eau de mer.

L’air fouetta soudain le visage de Collins. Froid, humide et cinglant, le vent, synonyme de survie et d’oxygène, n’avait pourtant rien d’agréable. La sirène se décolla pour le laisser respirer dans son élément naturel. Ils avaient tous les deux de l’eau jusqu’à la taille.

Après le vent, le bruit fut la seconde agression. Autour de lui, les maisons se disloquaient dans des complaintes stridentes, les panneaux de bois se déta- chaient dans des craquements sans fin et les piliers d’acier se tordaient dans un fracas insupportable. New York semblait totalement englouti. Le phare d’Ambrose, situé au bout de la baie, effleurait à intervalles réguliers le vague contour de certains buildings. Collins chercha un point de repère. Le parc d’attraction de Coney Island se trouvait normalement dans son dos, mais, quand il se retourna, il ne discerna rien du véritable feu d’artifice perma- nent qu’émettaient d’habitude les dizaines de manèges, et cette abondance éclatante, qui l’agaçait d’ordinaire, lui manqua pour la première fois. Il effec- tua un tour complet sur lui-même sans rien distinguer de plus que quelques flammes ici ou là. Des étincelles provenant des câbles à haute tension éclai- raient furtivement quelques angles de rues avant de les laisser replonger dans un noir total. La lumière circulaire du phare éclaira enfin l’immense Grande roue du parc – qui s’enflamma soudain au loin, projetant un violent éclat orangé sur les barges de Brooklyn. Dans cette luminosité soudaine, la peau de la sirène se mit à briller, à diffuser un faible halo orangé, comme si elle stockait puis rediffusait l’énergie. Le barde oscillait entre l’effroi provo- qué par la situation et l’émerveillement suscité par les caractéristiques aussi extraordinaires que poétiques de la jeune femme. Collins sentit la main de sa compagne chercher la sienne. Il laissa son désarroi l’envahir sans honte et sans retenue.

— Les rues de New York englouties, une sirène qui me sauve, excuse-moi, beauté, mais ça ressemble à un cauchemar. Je vais sûrement me réveiller !

Elle ouvrit la bouche pour lui répondre, mais aucun son n’en sortit. Elle lui fit signe d’utiliser l’instrument qu’il portait dans le dos. Il s’exécuta en se souvenant de ce qui s’était passé dans le bar et plaqua un bête accord majeur. L’eau n’abîmait en rien la résonance de son instrument magique ; seul le feu aurait pu altérer la qualité d’un crwth. Le plus petit son émis d’un de ces instruments pouvait faire résonner le plus épais des aciers comme la plus ancestrale des roches.

— Je suis désolée d’être ton cauchemar !
La voix de la sublime blonde s’était aussitôt mêlée à la vibration de ses cordes. — Je suis désolé… Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Mais… Je ne comprends pas vraiment…

Il oublia de jouer, ce qui lui fit manquer les premiers mots de la réponse de la sirène.

— … Cindy.

— Cindy ?… C’est curieux comme nom pour une sirène. Plutôt moderne pour une créature ancestrale, répliqua-t-il en s’empressant de gratter les cordes de son instrument.

— Non… C’est l’ouragan. Ils en parlaient au bar avant ton arrivée. Les hommes l’ont nommé Cindy. Tu n’es pas au courant ?

Il fit un signe négatif de la tête. Pour ne pas risquer de lui couper la parole, Collins décida de ne pas cesser de jouer la musique qu’il venait d’entamer, même quand il parlerait, même si le vent, toujours aussi glacial, achevait de lui congeler les doigts.

— On devrait gagner les rues intérieures, le niveau d’eau finira par baisser, proposa Collins.

— Sans eau, je ne pourrai plus avancer.

Devant la réponse évidente de la sirène, Collins sentit la stupidité l’envahir, ce qui la fit sourire. Il fit alors signe de continuer droit devant, loin du désastre, au moins. Loin de ses semblables, noyés avec une brusquerie sauvage. Il ne s’était jamais fait de vrais amis, trop solitaire, trop endurci pour ça. Mais leur sort lui semblait tellement absurde, tellement… gratuit.

Il secoua la tête, préférant éviter d’y penser.

Ils progressèrent lentement en direction du Queens dans l’eau chargée de débris flottants. Les accords doux et harmonieux de la balade qu’il impro- visait avec son instrument contrastaient avec les difficultés dantesques qu’ils affrontaient. Le vent redoubla de violence et le niveau d’eau, assez haut déjà, monta encore. Les voitures garées dérivaient ici et là au gré des courants comme d’improbables bouchons pointant leur capot vers la terre. Malgré la force du courant, la sirène évoluait harmonieusement dans ce chaos aquatique. La force incommensurable de sa queue balayait l’eau derrière eux, permettant au musicien d’avancer. L’absence d’éclairage public et le ciel chargé de nuages terrifiants plongeaient le panorama dans une grisaille sans forme. La lumière du phare désormais trop loin empê- chait le monde d’acquérir une netteté, même sporadique. Seul un cercle miroitant, d’un mètre autour d’eux, reflétait la lumière orangée stockée dans les écailles de la sirène.

Ils ne croisèrent personne dans les rues ; l’alerte avait dû être donnée depuis un bon moment. De temps à autre, des cris impossibles à localiser résonnaient dans cette frénésie cataclysmique, hurlant leur complainte et leur solitude ter- rible, que la noirceur accentuait.

Après plus d’une heure de cheminement lent, mais régulier, ils aper- çurent une lueur, quelques îlots d’immeubles en amont. Des lampadaires

semblaient encore alimentés dans cette partie de Brooklyn. Cette aube lumineuse, même lointaine, projetait les ombres avoisinantes des maisons abandonnées.

La sirène finit par briser leur mutisme, imposé par cet immense chaos.
— Je m’appelle Sybila.
Collins la regarda et trouva le nom de sa compagne parfaitement adapté à

son visage, à ce qui se dégageait d’elle. L’espace de ces quelques syllabes, les bruits inquiétants qui les cernaient semblèrent s’évanouir pour une seconde. Le barde déplora l’absolue pauvreté de sa réponse, mais ne put s’empêcher de la prononcer :

— C’est un joli nom.

Elle ne manqua pas de sourire à son tour, tandis qu’il se maudissait d’être à ce point pitoyable. Elle enchaîna :

— Chez nous, notre nom vient des premiers mots que nous prononçons après notre naissance.

L’air de rien, tout en parlant, elle fit un bref mouvement du bras qui l’obligea à passer brusquement derrière elle, ce qui lui évita de se faire embrocher par une vieille antenne de télévision dérivant à toute allure. L’eau l’atteignait sous la poitrine à présent, rendant sa progression malaisée, et il devait lever son crwth pour que le son résonne.

À la vision du râteau, il souffla de soulagement, et s’empressa de répondre :

— Si on suivait la même règle que la vôtre, alors les terriens s’appelleraient tous « maman »!

Alors que tout autour d’eux prêtait à la panique, à la fuite et à l’affolement, ils évoluaient presque sereinement vers le nord. Paradoxalement, Collins sou- haitait plus que tout que cette nuit infernale ne finisse jamais. Elle les avait réunis et, même si la fin du monde devait en découler, rien ne serait plus douloureux que d’être séparé d’elle.

— J’ai des siècles et j’ai l’impression d’être un gamin, murmura-t-il.
— Pourquoi ?
— Parce que j’ai peur que tout ça se termine.
Comme pour les autres, dans le bar. Collins se répétait qu’il ne connaissait

Sybila que depuis quelques heures, et pourtant, l’évidence de sa présence, de leur étrange complicité, rendait l’ouragan, les dangers et le chaos totalement anecdotiques.

— Quand tu es entré, j’ai tout de suite compris, dit-elle.
— Quoi donc? répondit le barde.
— Tu t’es cogné et ton instrument a vibré. C’est comme ça que je t’ai entendu. — J’en ai, de la chance, de m’être heurté à ce lampadaire.
Elle gloussa.
— C’est vrai que seuls vous pouvez faire chanter votre crwth ?page7image1592

— Faut dire qu’avec un nom pareil… C’est déjà dur à prononcer, mais à jouer, c’est encore pire.

Elle ne le laissa même pas finir sa phrase et s’empressa de lui poser une autre question :

— Et c’est vrai que vous ne pouvez pas jouer d’un autre instrument ?
— Oui, c’est la vérité.
Ils s’enfonçaient dans la nuit précaire où le monde s’écroulait autour d’eux

sous des coups de vent assassins, glissaient vers le halo de lumière qui leur servait de phare. Collins était incapable de dire depuis combien de temps ils avaient émergé de l’enfer. Une heure… Trois ?

— Je donnerais tout ce que j’ai pour figer le temps, avoua-t-il. — Et que possèdes-tu ?
— Rien… Presque rien.
Il sourit à son tour.

Ils arrivèrent enfin aux abords de la seizième rue, où l’éclairage public fonctionnait encore. Le barde produisait un effort à chaque seconde pour s’em- pêcher de réfléchir, sachant que la sirène entendait peut-être bien tout. Ce qui lui arracha un petit rire.

— Je te rassure, je n’entends parfaitement que ce qui me concerne, le reste n’est pas très décryptable.

— Ça fait plus de cinq cents ans que je suis célibataire et tu es pratiquement nue à côté… Je fais tout ce que je peux pour ne pas penser, mais ce n’est pas facile, grogna-t-il.

— C’est dommage, répliqua-t-elle de manière ingénue.

L’espace de quelques secondes, il se relâcha donc et laissa libre cours aux sen- sations et aux pensées que lui inspirait Sybila. Le résultat ne se fit pas attendre.

Il reçut une claque sonore et palmée sur la joue droite.
Elle le regardait avec un visage sévère.
— Tu vas un peu vite en besogne, me semble-t-il ! dit-elle, choquée.
Il n’y avait pas que la marque de ses doigts élancés qui faisait rougir la joue

rugueuse du musicien.
— Excuse-moi.
Il baissa la tête, incapable de croiser son regard.
— Non, c’est moi qui m’excuse. Je l’ai cherché, c’est stupide de t’avoir giflé

pour si peu. Tes pensées t’appartiennent. Je ne peux pas te les reprocher. Collins, embarrassé, remarqua un couple qui se dirigeait vers les rues intérieures, probablement en quête d’un abri. La mer trop proche frappait la digue avec violence. Chaque vague fragilisait ce rempart, qui risquait bien de céder.

— Il faut vraiment qu’on s’éloigne. Ne t’inquiète pas, je suis prêt à parier qu’il restera assez d’eau.

Collins vit la sirène s’interroger. Il lui serra la main un peu plus fort pour lui montrer que lui aussi, il pouvait la protéger. Ils obliquèrent dans la même direction que le couple. Peu de temps après, l’eau redescendit jusqu’à sa taille. Ce quartier-là se trouvait sur une petite butte, ce qui le rassura immédiatement.

 

…/…

Suite et fin demain

Au bar des Sirènes. Part 2/4

Publié par fpetitjean le 13 juin 2014
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AU BAR DES SIRENES.

Suite.

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Collins jeta un regard un peu vide sur la matrone qui soupira en ramassant le chiffon qu’elle venait de faire tomber. En vérité, Drew n’inspirait que l’indifférence.

Une ancienne sorcière, tout au plus, pensa-t-il.

Un vieillard un peu maigre pivota sur son tabouret de bar et se tourna vers le barde. Le nombre de pintes vides qui s’alignaient devant lui aurait pu donner l’illusion qu’il habitait l’endroit. Il parlait tout seul, accentuant un mot plus qu’un autre sans aucune logique. Ses oreilles pointues ne laissaient aucun doute sur son ancien statut d’elfe. Ses longs doigts anguleux aux nombreuses phalanges attiraient le regard ; Collins était certain qu’il aurait fait un pianiste tout à fait respectable.

— Va trouver une forêt maintenant… Je ne vais quand même pas me mettre à fureter dans les jardins botaniques !

Collins lui répondit d’une brève onomatopée gutturale qui oscillait entre le râle et le rot. Son regard, comme son attention, ne se détournaient pas de l’immense cylindre transparent où ondulait la sirène. Le barde s’aperçut qu’il n’avait pas bougé depuis son entrée, planté entre un grand lampadaire et deux fauteuils club. Bob enchaîna sur un vieux Whitney Houston. L’elfe avait visiblement l’intention d’entamer la discussion :

— T’as l’air passionné par les morues, on dirait !

Mais le vieux musicien ne daigna pas lui répondre. Traiter une telle beauté de poisson bon marché lui parut outrancier. La créature ne fit pas cas de la remarque désobligeante, continuant son déhanché parfait à l’harmonie troublante.

Gêné d’être ainsi exposé au regard de tous, le barde décida de franchir les cinq pas qui le séparaient du bar sans pour autant quitter la sirène des yeux. Il heurta légèrement le lampadaire. L’instrument qu’il portait dans son dos résonna légèrement sous le choc. Le bois séché de Brocéliande avait ceci de particulier qu’il amplifiait la moindre sonorité, transformant le bruit en véritable mélodie. L’imperceptible vibrato des cordes de son crwth attira immédiatement

l’attention de la sirène. Elle le fixa instantanément, hypnotisant littéralement l’Irlandais.

Son regard entre l’or et le vert perçait l’eau de sa cage transparente comme deux flèches mordorées, qui captaient l’attention de tous ces dépressifs jadis magiques sirotant leur verre autour du bar. Statufié par l’attention soudaine que la femme flottante lui accordait, il baissa les yeux, oscillant entre la timi- dité et l’étonnement.

L’elfe l’invita à le rejoindre d’un geste du bras ; ses doigts totalement dépliés le touchaient presque. Sur l’instant, Collins se demanda pourquoi l’histoire n’avait retenu que la taille de leurs oreilles.

Il s’éloigna et contourna le cylindre sans quitter la sublime créature du regard. La sirène pivotait imperceptiblement sur les accords de Saving All my Love for You, ce qui lui laissait le loisir de la dévisager en permanence. D’où provenait cet étrange sentiment de sérénité quand il osait la regarder dans les yeux? Une chaleur inhabituelle envahissait sa poitrine au fur et à mesure de leur échange silencieux.

Collins s’empara du tabouret de bar en cuir rouge le plus éloigné de l’elfe et commanda lui aussi une pinte d’hydromel.

Pour se maintenir physiquement sans trop se dégrader, il ne devait jamais changer d’alimentation, et surtout pas de boisson. Cette dernière règle lui convenait parfaitement. Toute modification, même la plus infime, couvrait le visage de rides et donnait aux Anormaux des traits tant marqués par l’éter- nité que toute intégration dans la population humaine devenait impossible. Il espérait simplement que la disparition des odeurs corporelles incluait aussi l’haleine. Il se sentit soudainement ridicule à considérer ainsi son allure, à croire que la sirène ne regardait que lui, et sourit de dépit.

— À quoi bon… ironisa le vieil Irlandais. Personne ne m’attend de toute manière.

Les vieux néons bleutés incrustés sous le comptoir clignotaient exagé- rément. Drew jura et tapa sur le zinc une bonne dizaine de fois pour les stabiliser, mais rien n’y fit. Collins but la première gorgée de son breuvage au son d’une conversation animée entre le vieil elfe et un druide qu’il avait finalement réussi à accaparer. Le barbu, tout de blanc vêtu, devait traîner là depuis des lustres, lui aussi, au nombre impressionnant de chopines vides alignées devant lui.

— C’est dégradant de n’exister que dans les BD ! Au vu de l’importance stratégique que j’ai joué dans l’accession au trône de Cnut le grand!

— Cnut n’a exercé que de 1016 à 1035.

— C’est déjà plus que Sven à la barbe fourchue qui n’a régné qu’une seule année !

— Cnut était le fils de Sven !

Drew ne supportait pas qu’on parle d’autrefois. Ces conversations interminables la déprimaient au plus haut point. Elle se redressa d’un seul coup. — Et alors ? On s’en fout ! Qui s’en souvient, de toute manière ? Le passé,

c’est le passé… !
Le barde et l’elfe en eurent le souffle coupé.
Collins but une gorgée de sa pinte en bois, humidifiant d’hydromel les

bords de sa fine barbe rousse. Il releva la tête vers la sirène. Cette dernière ne semblait plus du tout s’intéresser aux mélopées de la chanteuse soul et adoptait une attitude de plus en plus saccadée, à la limite de la nervosité. L’inquiétude se lisait dans toutes les expressions de son visage ; le coin de ses lèvres marquait un petit rictus mis en relief par le froncement de ses sourcils fins. La splendeur aquatique plaqua alors deux mains légèrement palmées contre la paroi de son aquarium cylindrique et simula du doigt l’écriture de trois lettres :

S. O. S.

Le barde se tourna immédiatement vers les autres convives pour voir s’ils avaient remarqué son changement d’attitude. Tout le monde s’en fichait.

La sirène se mit carrément à taper du poing sur la vitre intérieure. De toute évidence, c’est à Collins qu’elle s’adressait. Elle ne dansait plus. L’Irlandais jeta un coup d’œil vers sa pinte pour s’assurer qu’il n’était pas saoul, mais il n’avait bu que quelques gorgées.

Puisqu’il était visiblement le seul à s’intéresser à la nervosité de la sirène, il se leva. Elle hocha la tête et désigna d’un regard l’instrument que le barde portait en bandoulière. Hésitant, il posa la main sur la lanière en cuir. Elle acquiesça, nerveusement. Collins fit pivoter le crwth sur son ventre et plaqua un léger accord pour ne pas gêner ses voisins. Dès les premières vibrations des cordes, une voix s’éleva, portée par l’harmonie :

— Aidez-moi, je vous en prie !

Décontenancé, Collins écarta les doigts d’un seul coup et enleva son instrument d’un vif roulement d’épaules. Il scruta avec méfiance son compa- gnon de toujours, stupéfait devant un tel prodige. Les coups de la sirène contre la paroi le ramenèrent au présent ; avec des gestes saccadés, elle lui intimait de reprendre immédiatement sa musique. Dubitatif, il réajusta sa bandoulière tout en scrutant le visage de la blonde immergée, et joua exactement le même accord. La même complainte, encore plus angoissée, résonna à nouveau ; et le mouvement des lèvres de la sirène se synchronisa parfaitement aux mots qui sortaient de sa caisse de résonance. Il peinait à le croire. Il semblait qu’elle utilisait la fréquence de son crwth pour s’exprimer !

Un bruit sourd et puissant vint interrompre son étrange dialogue. Un gronde- ment funeste domina tous les autres sons du bar, augmentant d’intensité à chaque seconde, comme si une main invisible montait le volume. La pièce se

mit à trembler. Les bouteilles s’entrechoquèrent, les verres glissèrent sur leur sous-bock. Le zinc du bar vibrait visiblement.

Toutes les têtes se tournèrent vers l’arrivée de l’escalier, seule issue possible de la station, d’où l’ahurissant vrombissement semblait provenir. Il s’intensifia encore, obligeant l’elfe à se boucher les oreilles.

D’un coup, le bar fut inondé.

Des flots immenses et grisâtres déferlèrent avec une violence inouïe, empor- tant tout sur leur passage. Collins eut à peine le temps d’inspirer qu’il fut immédiatement projeté vers l’arrière par la puissance de la vague qui s’était engouffrée dans la pièce. Secoué comme un vulgaire chiffon dans l’eau froide qui le torturait, il se cogna brutalement la tête contre un tabouret qui flottait au même niveau que lui. À peine se remit-il de ce choc que le bord d’une table à la dérive lui heurta violemment le dos. Ce fut le coup de grâce. Dans une agonie presque certaine, il sentit sa conscience s’échapper lentement, anéantie par ces quelques secondes démesurément violentes. L’air lui manquait déjà. Il n’avait même pas eu le temps de prendre une grande bouffée d’air avant la déferlante. La mort lui tendait soudainement la main sans qu’il ait pu se douter à la minute précédente qu’il allait la croiser. Sa présence glaça encore davantage l’eau qui cerclait son corps. En une fraction de seconde, le temps se figea, et la longue main noire, fatale et crochue tendit ses doigts vers lui pour qu’il s’agrippe à son trépas.

Les bardes se préparaient toute leur vie à cet instant ultime. Les derniers accords qu’ils devaient jouer à cet instant précis se devaient d’être d’une harmonie parfaite. Leurs qualités décidaient du sort éternel qui leur serait réservé. Mais là… Étouffé sous l’eau, bien que son crwth soit toujours accroché en bandoulière, il n’avait plus la force, ni le souffle pour exécuter son dernier accord. Il mourrait comme un simple gueux, voué à un néant infini. Le visage terrifiant d’une faucheuse immobile au sourire morbide ricanait dans ce chaos tournoyant, la dernière image que Collins fut capable d’emporter avec lui.

L’eau pénétra dans sa bouche, puis s‘enfonça dans sa gorge, brûla ses chairs d’une irritation assassine avant d’atteindre les poumons. Sa tête bascula en arrière de douleur et ses yeux se révulsèrent. Son corps aux bras désarticulés bascula vers l’avant, se donna au néant, sonnant la fin brutale d’une existence riche et presque éternelle.

Abandonné de toute vie, il flotta au gré des flux d’eau qui ne cessaient de se déverser dans l’ancienne station de métro.

Soudain, des lèvres se collèrent aux siennes.

…/…

Suite demain…

Au bar des sirènes. Part 1/4

Publié par fpetitjean le 12 juin 2014
Publié dans: Extraits. Tagué : anthologie Imaginales, Bardes, Brooklyn, Mnemos, New York, nouvelle, sirènes. Poster un commentaire

Nouvelle éditée chez Mnémos pour l’Anthologie des Imaginales 2014

AU BAR DES SIRENES

 

au bar

New York. Brooklyn. 29 Octobre 2012 

Quand Collins poussa la lourde porte métalliQue, toute la station de métro résonna du grincement insupportable de l’ouverture. Torture sonore oscillant entre un train qui déraille et le glissement d’une craie sur un

tableau, qu’il s’infligeait sans sourciller tous les soirs à 18 h 00, quand sa jour- née était enfin terminée. L’endroit, abandonné depuis une dizaine d’années, s’enfonçait au coin de la huitième rue.

Poubelles, déchets, gravats, débris et barbelés, rien ne laissait supposer qu’on pouvait entrer dans cet escalier tagué qui descendait sous le niveau d’une rue que plus personne ne fréquentait depuis que les ateliers environnants avaient fermé.

Le parcours était subtil et discret. Seuls les habitués savaient deviner où les mains comme les pieds devaient se poser. La moindre imprécision provoquait des éboulements ici et là.

Le vieux barde irlandais, harassé par les efforts de sa longue journée, batail- lait pour que sa migraine n’envahisse pas aussi son lobe frontal, l’arrière du crâne ayant cessé de lutter depuis longtemps. La porte se referma lourde- ment derrière lui. Les hurlements provenant des attractions de Coney Island s’estompèrent d’un seul coup, à son grand soulagement.

Tout ce que New York comptait d’adolescents semblait s’être donné rendez-vous ce dimanche dans le parc d’attraction vieillissant de Brooklyn. Le temps avait beau être exécrable, les vents violents, et malgré l’annonce d’un ouragan qui s’approchait dangereusement des côtes, il fallait quand même que le citoyen américain vive son hebdomadaire « have fun on Sunday ! »

Collins avait attendu ce moment toute la journée. L’impatience lui fit manquer une marche. Il manqua de s’étaler de tout son long et se rattrapa in extremis à un vieil extincteur vide. Travailler dans le parc était certes humi- liant pour un barde de sa lignée, mais surtout… il était trop âgé désormais pour vivre de telles inepties. Le divertissement et la barbe à papa ne concer- naient que très moyennement celui qui, quelques siècles plus tôt, faisait encore trembler toutes les cours de Cornouailles au simple son de sa voix et de son « crwth ». Un nom imprononçable pour ce petit instrument en bois qui hésitait dans sa forme entre un violon et une harpe.

Ce n’était pas l’inutilité absolue de son travail qui le gênait outre mesure ; déambuler en habit traditionnel dans les allées du parc ne réclamait pas un grand effort… Mais faire semblant lui coûtait chaque jour davantage. Cette proximité permanente avec des progénitures dégénérées l’abrutissait, si bien qu’après toutes ces années de labeur vide, il se souvenait à peine du temps d’avant. Du vrai temps. Celui où il était encore quelqu’un.

— Quel gâchis…

Marmonnant à haute voix, il avançait à pas réguliers dans les couloirs sombres de l’ancienne station de métro. La poussière soulevée par ses pas restait en suspens dans son sillage, signature d’un homme qui traînait ses pieds depuis plus de six siècles. Quelques néons fatigués et pendants grésil- laient au plafond, brisant un silence qu’il chérissait par-dessus tout. Il fallait marcher encore une dizaine de minutes avant de tomber sur le bar que tous les « Anormaux » de la Grosse pomme fréquentaient. C’était ainsi qu’on nom- mait désormais bardes, magiciens, elfes et sorcières. Tous ceux qui fricotaient avec une légende, si petite fût-elle, venaient trinquer, nostalgiques, aux temps oubliés des rois, dans le seul comptoir magique de la ville.

Le Bar des Sirènes.

Il portait ce nom pompeux car, au début des années soixante, un énorme cylindre en verre rempli d’eau avait abrité en son centre une de ces sublimes créatures, mi-femme mi-poisson. Collins ne fréquentait ce lieu que depuis une dizaine d’années ; la proximité de ses semblables le rendait nostalgique et donc dépressif.

Aidé par sa nyctalopie partielle – héritage de son état d’Anormal qui aidait à discerner les formes et les contours flous en l’absence de toute lumière –, il progressait dans les couloirs tortueux en se demandant si l’histoire ne tenait pas plus de la légende urbaine. Il n’avait jamais vu de ses propres yeux une sirène, doutant même de l’existence de tels êtres, malgré les multiples histoires qui traînaient sur leur disparitions depuis la création de la pêche industrielle et des filets titanesques. Collins avait beau être barde, trente ans de société new-yorkaise lui avaient formaté l’esprit, le rendant plus que car- tésien. Après tout, il n’avait vu flotter dans le cylindre du bar que de vieilles tortues et quelques araignées de mer géantes dignes de figurer dans les plus terrifiants films d’horreur.

Sa vision nocturne ne lui octroyait que deux ou trois mètres de perspective, aussi descendit-il avec précaution le dernier escalier aux marches inégales. Il poussa un vieux bureau en acier qui bloquait la dernière porte et la poussa avant de remettre le meuble en place derrière lui. Enfin, il déboucha sur la salle du bar.

La fumée densifiait le plafond. Les spots rouges donnaient une touche infer- nale à cette cave d’un autre temps.

Il fut saisi par ce qu’il voyait.
Une sirène.
Sublime et élancée, qui avait remplacé la vieille Pénélope et sa carapace de

tortue délavée. Ses cheveux blonds et lumineux tournoyaient autour d’elle, masquant timidement des seins superbement dessinés. Elle flottait tout en bougeant sa queue aux rythmes des morceaux lounge qu’envoyait Bob, le DJ local, un ancien sorcier qui avait plus ou moins réussi sa reconversion terrestre dans les animations techno des boîtes ringardes de la ville.

— Splendide… susurra l’Irlandais en ignorant le reste de l’assemblée.

La sirène ondulait parfaitement sur la voix suave de Smooth Operator de Sade, chaque membre, chaque muscle, chaque courbe de la blondissime réagissant à la rythmique parfaite de la chanson. Elle mimait à peine les paroles de ses lèvres pulpeuses… Le chant des sirènes, personne n’avait jamais su y résister, à part Ulysse. Collins était déjà prêt à lui succomber.

— Elle est mieux dans l’eau que sur tes genoux, va !

Drew, la vieille patronne du bar, n’avait aucun mal à déchiffrer les pensées du barde en voyant sa bouche béante. Sa voix criarde jura avec celle de Sade. Elle nettoyait son zinc d’un coup de chiffon aussi inefficace qu’inutile.

— Tous pareils ! s’empressa-t-elle de conclure en voyant la tête éberluée de Collins.

— Elle est arrivée quand ? demanda l’Irlandais.
— Pourquoi, t’avais rencard ?
Drew ne savait que répondre sèchement, ce qui extirpa le barde de la magie

qu’avait provoquée cette blonde et aquatique vision. Il se demandait bien ce que la vieille mère maquerelle pouvait avoir de magique ; un humain n’était pas en mesure de se frayer un chemin dans ces bas-fonds. Et quand bien même il y parviendrait, l’odeur forte que dégageaient les simples mortels suffirait à le faire remarquer. Bardes, sirènes, elfes et autres créatures perdaient au fur et à mesure des siècles leurs parfums. Les temps anciens remplis de batailles, de chasses aux sorcières et d’affrontements ne leur avaient jamais laissé le temps de vieillir ; la mort les accompagnait jadis au quotidien. L’ère moderne avait banni les formes d’assassinats les plus courantes au grand désarroi de ces régulateurs sociaux, qui, petit à petit, avaient perdu leur importance comme le droit d’exercer leurs pouvoirs. Les différentes guildes avaient dû appréhender deux nouveautés sans jamais y avoir été préparées : l’oubli, puis la vieillesse. Nul ne s’était posé de questions sur sa descendance ; on ne se reproduisait pas chez les êtres de légende. C’était le prix à payer pour conser- ver ses dons. Les puissants avaient donc appris à vieillir dans l’anonymat et l’inutilité. Au fur et à mesure des siècles, le corps n’émettait plus aucune substance olfactive. C’était ainsi. Et ils venaient tous là regretter cette douce époque où la philosophie s’argumentait à grands coups d’épée.

— Le bon temps, hein ? hasarda Drew, devinant ses pensées.

Au moins, au Bar des Sirènes, attendre parmi les siens que le temps passe semblait un petit peu plus supportable qu’ailleurs.

 

…/…

Suite demain…

Assassins…

Publié par fpetitjean le 4 juin 2014
Publié dans: Articles, Non classé. Tagué : atchoum, Dolce, Game of Thrones. Poster un commentaire

Tuer un personnage est un privilège dont je ne saurais me priver… Certes!

ImageIl

Il n’est pas question de d’abuser de son pouvoir

quoi que…

Au regard de ce Cervantes* (le crâne en photo) Certains personnages ne s’attendent pas à ce qu’on les trucide au prochain chapitre

et pourtant…

A quoi tient la vie de nos héros ?

Tel Dieu devant sa page blanche, il m’arrive parfois, surtout quand je reviens de chez mon banquier, d’avoir envie d’exterminer la terre entière. Si j’étais dessinateur je gommerais un bras ou une jambe, moi je me suis bien coupé un doigt !

(L’oreille c’était déjà pris par Van Gogh).

Je comprends aisément George R.R. Martin l’auguste auteur de « Game of Thrones » qui décida à la saison 3 ( si ne vous ne l’avez pas vu ne finissez pas cette ligne ) de tuer tous ses personnages principaux.

Il venait de recevoir sa feuille d’impôt, son évier fuyait, sa femme l’avait quitté et son voisin venait de lui dire qu’il ressemblait à Atchoum.

(1 des 7 nains)

Du coup Extermination des Héros! Tous… Fallait pas l’énerver.

Je vous rassure, les Dolce n’ont pas subi un tel sort… Enfin pas tous, et même si mon évier fuit j’essaierai de les épargner jusqu’au bout!

A la semaine prochaine pour la première partie de:

Au bar des Sirènes.

* Ce crâne est une sculpture de Pascal Cervantes. (http://creermavie.blogspot.fr)

Une première image

Publié par fpetitjean le 30 Mai 2014
Publié dans: Articles. Tagué : Dolce, le dernier puits, trilogie. Poster un commentaire

Comme certains l’ignorent encore, le titre du tome 3 des dolce, ultime volet de la trilogie se nomme:

Le dernier puits.

Voilà donc l’ébauche d’une couverture probable…

557A2868

Comme vous ne l’ignorez pas cette fois si vous avez déjà lu un des volumes des Dolce, l’eau est l’élément central de leur vie.

Il était donc normal que l’opus final lui rende hommage.

Je ne peux encore vous annoncer une date exacte de sortie, mais cela approche. Il y a encore beaucoup de retouches, de corrections et d’ajustements à faire, car la dernière page comportera enfin le mot fin.

L’aventure touche donc à sa « fin » et me rend parfois fébrile. Les Dolce existent et me réveillent chaque nuit quand ils ne m’empêchent pas de dormir. Je leur confie volontiers quelques années de ma vie, quelques insomnies, et beaucoup de poésie.

Je demande évidemment pardon aux personnages qui ne termineront pas la trilogie… Non pas que je ne les aime pas, mais il s’avéra nécessaire pour le bien de l’histoire qu’ils trépassent.

Ceci fera toutefois l’objet d’une chronique au mois de Juin.

Je vous retrouve la semaine prochaine pour la publication d’une nouvelle que j’ai écrit dans l’Anthologie des Imaginales 2014 (Bardes et Sirènes) et qui s’intitule:

Au bar des Sirènes…

FP

En aparté… Je suis très très déçu que Jean Michel Aphatie ne dispute pas Roland Garros… *

(voir les chroniques de Cannes 2014)

Cannes The day after

Publié par fpetitjean le 21 Mai 2014
Publié dans: Articles. Tagué : festival de Cannes, Ford, France 3, Frédéric Diefenthal, Isabelle Otero, Lundgreen, Snipes, Stallone. Poster un commentaire

Passer du festival de Cannes à France 3… Il y a comme qui dirait ceux qui aiment le shopping…

un Gap.

Et même si le titre est comment  dire… Long… Le film est vraiment pas mal.

Ceci dit avoir une bonne critique dans Télérama m’inquiète un peu.

affiche meurtre à

Mais je trouve l’affiche top !

Bon en même temps le film passe le soir même de la finale de la Champion’s League… Et une soirée spéciale Florent Pagny.

Ca va être compliqué !

Le réveil ce matin est donc difficile…

Quelques images de la croisette se mélangent dans ma tête, d’ailleurs hier dans le train quand le contrôleur est passé, au lieu de lui montrer mon billet je lui tendu mon accréditation…

Pitoyable.

Stallone, Lungren, Gibson, Ford, Snipes, Pattinson, Swank, Jones, Hemsworth…

557A2904

Ont été remplacés ce matin par la guichetière de la BNP, le boulanger et la postière,

Quand au Carlton et le Martinez, ils ont laissé la place à la station Total et à Carrefour…

Plus de soleil mais un peu de pluie,

le retour à la vraie vie sonne comme un rappel à l’ordre!

Il serait peut-être temps d’écrire…

Cannes Day 5

Publié par fpetitjean le 20 Mai 2014
Publié dans: Articles. Tagué : Dolce, festival de Cannes, Jean Michel Aphatie, Martinez, scénariste, Shirley Bousquet, Wesley Snipes. Poster un commentaire

Dernier jour du festival de Cannes pour moi…

J’avoue qu’à quelques heures du départ l’impatience naissante de retrouver le monde normal se fait sentir.

Les nuits de plus en plus délirantes réservent des rencontres improbables, où le fait d’être habillé normalement devient presque indécent.

IMG_1560Dora l’exploratrice a fait des dégâts bien plus importants qu’on ne le pense…

Bref pour cette ultime journée le soleil s’est enfuit pour laisser place à la pluie. Et ici quand il « pleut » rien ne marche. Les trottoirs glissants voient pousser tel des champignons des vendeurs de parapluies sauvages (les vendeurs pas les parapluies), les mises en plie défrisent

…Et Wesley Snipes (Blade) prend tout ce qui l’entoure en photo.

557A2909Y compris moi… Je suis dans une des Photos de Wesley… La classe totale.

Bon lui ne s’est pas dit une seconde qu’il était dans une des miennes…

Manque de lucidité.

En allant au Martinez pour rencontrer un producteur je tombe sur Captain Igloo reconverti en ZZ top fan de Prison break. Notez le short tulipe (vendu exclusivement chez Truffaut) soulignant les mêmes abdos que moi.

557A2911

Le dernier rendez vous est à chaque fois le plus important… Le mien va durer presque 2h… Exister comme scénariste est parfois compliqué ici en France, finalement l’écriture n’a plus vraiment d’importance…  Elle devient si anecdotique.

« J’ai adoré votre scénario, bon il ne faut plus que ça se passe au Canada mais en Japon, il vaut mieux que ce soit une fille qu’un garçon, et je vois bien une comédie plutôt qu’un drame… Mais sinon on ne change rien.« 

et moi de répondre:

« Je n’y avais pas pensé…« 

Bref…

Petit Break Génial avec Shirley Bousquet devant un café à 5 euros (c’est carrément les soldes).

Voilà… Dernières marches, dernier noeud Pap… Dernier Flash, dernières Stars, dernier film… Dernière chronique… Mais les Dolce m’appellent…

IMG_1483

J’arrive !

Et pendant ce temps là….

557A2853

Jean Michel Aphatie roi des coups improbables, nous entame un pas à la Elvis…

merci Jean Mi… Vraiment.

Bises à tous

FP

Cannes Day 4

Publié par fpetitjean le 19 Mai 2014
Publié dans: Articles. Tagué : festival de Cannes, Harrisson Ford, Mel Gibson, Sylvester Stallone, Tommy Lee Jones. Poster un commentaire

Yes oui Cannes…

Rescapé d’une fête Colombienne un peu chargée où quand on ne sait pas danser la Salsa, il ne reste plus que le Rhum… Je marche avec difficulté (un ami fidèle) vers mon premier rendez-vous matinal quand je croise un char…

Avec ça dessus…

557A2905Sylvester Stallone et Mel Gibson…

Là devant moi…  Il est 10h00 du matin… Il faut vous imaginer qu’à cette heure là il n’y a personne dans la rue! Je rêve !

Pour couronner le tout  Harisson Ford se tient derrière (dont on voit le profil derrière la bras de Mel…)

Aucun ne m’a reconnu! Un scandale.

Après ça… Il faut faire un meeting sur la coproduction avec la Chine… J’ai la tête ailleurs

Le Quatrième jour s’annonce étrange pendant que  Rocky et L’arme fatale s’éloignent… Je croise Patrick Bruel qui du coup fait un peu « Deuxième division ». Lui me reconnait… Bon.

Cette fois je prends un expresso au Martinez qui lui est à 9 euros… Il doit être meilleurs qu’au Carlton qui lui n’est qu’à 8…

Ca doit nous faire le litre de café autour de 700 euros…

Je me demande si c’est Legal (Le gout)

Cet après midi est consacré aux producteurs avec lequel je vais bientôt travailler…  « Ghost Express », « L’atelier », « On line »… Les idées deviennent des projets… Le rêve est possible…

Mais l’heure des marches a sonné. je me précipite sur le tapis rouge, noeud pap « encore » de travers et chaussures mal lacées

juste devant Leila Bekhti…

IMG_1575

Et puis là…

Magie

Tommy Lee Jones arrive…

Les milliers de gens se taisent. Un profond respect s’installent… Tous se lèvent et applaudissent pendant de longues minutes…

Lui ému aux larmes n’ose plus s’assoir.

IMG_15862h plus tard, quand je suis sorti de son  film.

« Homesman »

La rudesse de l’histoire de ce far west si apre m’a accompagné durant de longue minutes silencieuses…

Et pendant ce temps là…

557A2851

 

Jean Michel Aphatie ne renonce toujours pas…Donnez lui une balle c’est bon là !

A demain pour la dernière chronique…

* Je précise que toutes les photos des chroniques sont toujours du jour…

Cannes Day 3

Publié par fpetitjean le 17 Mai 2014
Publié dans: Articles, Humeur du jour. Tagué : Dolce, festival de Cannes, Jean Michel Aphatie, Vincent Perez. Poster un commentaire

Sous le regard de Marcello Mastroianni qui domine le palais, le Festival de Cannes continue.

557A2895

 

Quand je me suis levé ce matin je ne pensais pas qu’on me poserait la question la plus étrange de la semaine. Un veux cannois viens vers moi et me demande en regardant l’affiche de Transformer 3… « pourquoi c’est écrit en 3D alors qu’il n’y en pas un seul dans le titre ? Daredevil c’était aussi en 3D et il y en avait que 2! A l’époque j’avais rien dit, mais là ils nous prennent vraiment pour des cons ! »

je n’ai pas su quoi répondre…

Aujourd’hui c’est Samedi alors ça grouille de monde… Et le soleil donne.

Pendant que Vincent Perez fait un concours de Blanc avec son coach

557A2893

Nous terminons notre premier rendez-vous avec Pathé qui c’est super bien passé.

Puis Repas au « Silencio » avec Jérôme et Alexandre sous le regard bienveillant de Mads Mikkelsen (avec 2k ce qui rapporte un max au scrabble) Mads c’est le beau gosse qui fait Hannibal Lecter dans la série. un essaim de filles autour de lui. Nous on a juste le serveur…

L’affiche D’angelina Joli en sorcière plutôt convaincante, me fait penser que je ne lui ai pas encore parler des Dolce.

IMG_1494

Je dis ça, je dis rien.

Angelina arrêter de m’appeler, non je ne te répondrai pas, j’ai trop de respect envers Pitt pour lui faire ça !

Nous continuons donc notre progression pénible entre glaces au soleil et verres en terrasse en cherchant désespérément un coin à l’ombre histoire d’éviter des auréoles  olympiques sous les bras et les cheveux collés au front pour le prochain meeting.

Mais à Cannes on ne fait jamais rien comme les autres, et quand les américains débarquent avec leurs nouveaux uniformes…

IMG_1498

Ca donne tout de suite envie de s’engager !

Mais pendant ce temps là… Jean Michel Aphatie ne fait toujours pas de progrès au tennis…

557A2849Mais il est capable de lire l’heure pendant qu’il joue!

Le café au Carlton est à 8 euros… Demain j’en prends un au Martinez, il faut que j’appelle ma banque.

A demain…

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