Humeur du jour
Saint – Exupéry volait, moi j’écris.
Cette nuit je travaille sur « Shanghai Memory », quelques modifications du personnage de « Mian » et de « Dominique ». Le scénario devient bien, je commence à me l’approprier pour de bon. Il y a des écritures dont on reste toujours en bordure, et d’autres dans lesquelles on rentre, et c’est ce qui est en train de se produire actuellement pour ce scénario. Les choses deviennent plus simples alors.
Je recule toujours la véritable entrée dans le roman des Dolce(tome 3). Celle dans laquelle on met les pieds et dont on ne ressort qu’au mot « FIN ». Mort ou vivant. Cette immersion me semble encore au dessus de mes capacités respiratoires pour le moment. Ca viendra. Il avance, c’est déjà ça. je sais que c’est le dernier des Dolce mais je le laisse dominer en attendant de m’imposer à lui. Je n’attends que le pied du mur comme d’habitude. Impossible de savoir pourquoi. Quelques pas au Mont Saint Michel cette semaine m’ont donné envie d’y inventer une scène… On verra si ça tient sur le temps. Les bonnes idées restent toujours.
Demain je m’occupe de « Personne » le film pour Rémy Bezançon ». C’est un petit bijou que je ne sors de l’écrin que quand c’est nécessaire. Cette histoire ne souffre pas l’à peu près.Ca sera un grand film. Comme une évidence.
Facile de résumer la semaine d’un médecin… Je reçois mes patients, salle d’attente, vieux Paris Match, déco « Pierre et Vacances »… J’ausculte, je guéris, je vais au golf.
Pour un scénariste… Plus compliqué… Le lundi je choisis la facture que je vais payer, le mardi j’essaye de séduire ma banquière, le mercredi je trouve une excuse pour le retard de livraison d’un scénario, le jeudi j’essaye de trouver un bon plan pour me faire inviter au théâtre, le vendredi je vais chercher les mômes à l’école donc c’est mort, et le samedi je ne peux pas écrire, j’ai les courses et le foot… Me reste le Dimanche et l’angoisse du cartable… (voir l’écriture du Dimanche)
Compliqué… Tant Pis on verra la semaine prochaine…
Sinon…
Lundi je termine le plan du documentaire sur le Mont St Michel pour Gédéon programmes et Canal+, ainsi qu’ une conference – call avec la Chine sur le scénario « Shanghai Memory » que je viens juste de terminer.
Mardi je finalise le séquencier du film de Rémy Bezançon « Personne » et j’enchaine sur la réunion de pros hebdomadaire avec mes associés.
Mercredi journée consacrée au chapitre deux du tome 3 des « Dolce ».
Jeudi réunion d’écriture sur « Trois fois rien » le premier long métrage que je vais réaliser.
Vendredi journée consacrée au Dolce à nouveau. J’y glisserai un rdv avec Patrick Braoudé pour un projet commun, un dej avec Alexandra Lamy, splendide au théâtre de l’atelier dans » La vénus au phacochère » et qui je l’espère jouera aussi dans « Trois fois rien »… Après l’accord de François-Xavier Demaison et Julie Gayet.
Tout ça ponctué par une soirée de travail avec le compositeur génial « Xavier Berthelot » pour la musique Originale des « Dolce »…
Voilà… La passion finalement n’est qu’une question de temps.
Ecrire le Dimanche, c’est comme demander à l’UMP de choisir un leader… C’est compliqué.
Je navigue à vue dans une sorte d’état général qui se situe entre le réveil et l’envie de se recoucher. le temps est long et le syndrome du cartable à faire pour le lundi flotte au dessus de ma tête. Le rien m’attire au delà du raisonnable. Je vagabonde entre les idées avec l’énergie d’un paresseux après le repas. (pendu à l’envers à une branche) Un documentaire du national géographique sur les hyppos me conforte dans mon état animal, je force pour m’extirper du canapé toujours trop profond les jours de grande flemme. La paupière lourde et la main pesante… l’écriture semblait pourtant facile aujourd’hui… Il y a des jours où le paradoxe mène la danse. Il faut alors baisser la tête et attendre que l’averse s’éloigne. Je me penche en arrière sur mon siège, regarde mes doigt s’écraser sur le clavier et me demande quelle excuse je vais bien pouvoir m’inventer pour ne pas écrire. Je ne trouve rien. Les Dolce ont gagné…
Quelques mots à peine… trop chaud.




